Nous sommes originaires de Corse, tous impliqués dans le cinéma (cinéastes, acteurs, photographes, opérateurs, scénaristes, historiens, critiques, producteurs…) Nous choisissons aujourd’hui de fédérer nos énergies au sein du collectif Stanley White pour défendre le cinéma de notre époque.

Et si cette époque est instable, dangereuse, en proie à la fureur ou à l’ultra conflit, s’unir et fabriquer des films n’est pas une façon pour nous de l’oublier, mais un moyen de se lancer la tête la première dans la bataille et de refuser le désenchantement.

Naturellement, résolument, nous nous tournons vers la Corse. L’île, oubliée du cinéma contemporain, dans ses dérives et ses évolutions, représente un réservoir inépuisable et inexploré de récits. Nous jugeons qu’il est nécessaire et urgent d’enregistrer et de représenter ce présent avec les moyens du cinéma.
Nous nous engageons à soutenir une lecture de la société opposée aux représentations dominantes. Au-delà du militantisme, nous montrons les territoires et les populations qui sont trop généralement hors champ. Nous écrivons et nous filmons là où les mutations culturelles et sociales sont les plus marquantes en affirmant un point de vue critique. Nous donnons à voir et à entendre les gestes, les visages, les paroles, les actions, les pensées de la contemporanéité, dans leur singularité, dans toute leur densité physique et affective.
Exit le folklore et l’exotisme, nos films vont chercher un décor délabré, la vision habitée d’un paysage hostile. Ils puisent leur matière dans la culture populaire de l’île et s’intéressent au sort d’une population confrontée à une violence quotidienne et souvent extrême, aux paradoxes et contradictions d’une société déchirée entre un vif désir de modernité et un attachement viscéral à son passé et à ses représentations.

Mais si notre collectif naît en Corse, nos films gardent en ligne de mire l’espace méditerranéen et ne ferment pas les yeux sur le reste du monde, sur tous les territoires étrangers semblables à la Corse par la typologie des problématiques sociales, politiques, économiques ou culturelles. Enfin comprenant l’engagement comme un combat, nous nous inscrivons résolument du côté des cinématographies du Sud. Nous nous reconnaissons dans les cinématographies portugaises, taïwanaises, chinoises, philippines, algériennes, italiennes ou du Southern Gothic américain.

Nos films entrent en résonance les uns avec les autres. Pour la plupart, nos projets appartiennent au cinéma de récit, mais notre engagement passe aussi par la recherche formelle permettant à la fiction, au documentaire et à l’art vidéo de se rencontrer de manière assumée et organique. Chaque film suppose alors des choix esthétiques pour lesquels nous adoptons la solution de production la plus cohérente. C’est pour cette raison que nous nous engageons comme producteurs. Nous sommes convaincus que ces œuvres commencent à prendre forme dès les premières étapes de production. Elles s‘inscrivent dans l’urgence en assumant les économies contraintes du cinéma d’aujourd’hui.